mardi, juillet 9 2024

Donnée & IA pour la transition écologique - les sciences comportementales comme levier

J'ai été invité le 09 juillet 2024 à intervenir en conclusion de la matinée «  Donnée & IA pour la transition écologique - les sciences comportementales comme levier ». Je remercie Paul Grignon (Commissariat général au développement durable) pour cette invitation.

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mercredi, juin 19 2024

Des notes de cours d'il y a vingt ans

J'ai eu la surprise d'être remercié sur LinkedIn par un étudiant de l'ENSAE pour la mise à disposition de notes de cours, prises il y a maintenant vingt ans. Certes, cela fait plaisir. Mais je dois avouer être aussi déçu que les pratiques n'aient pas plus évolué en vingt ans, au détriment de l'accessibilité de toutes et tous.

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jeudi, mai 23 2024

Je vois des IA partout

Difficile d'échapper à l'effervescence autour de l'intelligence artificielle ces derniers mois. Avec mes lunettes de statisticien (mais peut-être n'est-ce pas la meilleure perspective), je suis assez dubitatif sur l'ampleur de l'apport de cette technologie à court terme. Avec mes lunettes d'économiste, il me semble que la question du remplacement d'humains par des IA est souvent imparfaitement posée, faute de réfléchir aux termes de l'arbitrage coût-bénéfice.

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jeudi, novembre 5 2020

La plus grande des illusions

En train de lire Under the Influence de Robert Frank. Il appelle mother of all cognitive illusions l'idée qu'un niveau de taxes plus élevés pour les plus riches les empêcherait d'acheter les biens et services qu'ils désirent. L'idée n'est en fait pas neuve (c'est un euphémisme : elle est au moins aussi vieille que la querelle du luxe), mais la formulation qu'il en donne me paraît assez intéressante pour lui consacrer un billet.

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vendredi, juin 19 2020

Les bizarreries de l'achat de billets

Il m'est arrivé l'autre jour une aventure intéressante en achetant des billets sur l'agence de voyages de la SNCF. Je voulais réserver un trajet pour moi et ma famille cet été. J'avais déjà fait la recherche sur Trainline, mais je me suis trouvé obligé de passer par l'agence de la SNCF pour utiliser des bons d'achat émis par la SNCF (et non son agence de voyage, notez l'inégalité de traitement) suite aux grèves de décembre 2019.

Étape 3 Je demande, en étant identifié avec mon compte, le trajet repéré. Jusque-là, tout va bien, il sort au même prix que sur Trainline

Étape 2 Je reviens en arrière pour indiquer la référence du bon d'achat (les instructions de la SNCF précisant bien de ne le renseigner que quand on est certain de vouloir acheter, et il faut absolument le renseigner au tout début de la procédure : oui, c'est un sludge). Je reviens au trajet. Paf, +17€, le trajet augmente de plus de 10 %. Vérification faite, indiquer le code (pour moi) fait mystérieusement que ma femme ne bénéficie plus du tarif Accompagnant Carte Avantage, et donc a un billet plus cher. Étrange, puisque ces billets ne sont pas soumis à contingentement.

Étape 3 Là, je me rends compte que j'ai oublié d'indiquer le numéro de la carte de fidélité de ma femme. Je reviens en arrière (avec les boutons de l'interface, hein, pas ceux du navigateur, je ne suis pas un barbare) pour le renseigner. Retour aux trajets, 10 € viennent s'ajouter aux 17€.

Là, je trouve que c'est vraiment suspect. Je laisse donc tout en l'état, et j'ouvre une fenêtre de navigation privée, rentre tous les renseignements. J'obtiens le tarif initial repéré sur Trainline et peut utiliser une part de mon bon d'achat (pas tout, hein : seulement sur l'aller, parce que prendre en compte le fait qu'il y a un retour éligible, c'est trop difficile).

À ce point, deux remarques. La première, c'est que l'interface de oui.sncf me servira désormais d'exemple de sludge ou de design adversarial : une interface utilisateur conçue de telle manière qu'il soit compliqué et coûteux de sélectionner l'option la plus favorable – la non prise en compte du bon d'achat en est un exemple. La seconde, c'est que vu de l'extérieur, cela ressemble furieusement à du profilage, très maladroit qui plus est. Je ne peux cependant pas exclure la simple incompétence, avec des bugs dans l'algorithme de choix des tarifs – ici, proposer un billet Abonnement fréquence là où l'Accompagnant carte Avantages est plus intéressant. En tout état de cause, il est clair que j'éviterai autant faire se peut de passer par cette agence de voyages à l'avenir.

En regardant un peu ce qui se disait sur le sujet, j'ai vu que la défense habituelle de la SNCF est de dire : « oui, mais quand vous regardez un trajet, nous réservons virtuellement les places pour un certain temps. Donc i vous revenez en arrière puis regardez le même trajet, le prix augmente puisque le nombre de places disponibles diminue. ». Cela semble logique, mais quand on y réfléchit à deux fois, c'est absurde. Si le fait de regarder un trajet réserve bien virtuellement des places, revenir en arrière devrait les libérer. J'imagine que je ne suis pas le premier à remarquer cela, et je serais curieux de voir un diagnostic réalisé par des experts sur le comportement du moteur de prix.

mardi, mai 12 2020

Épidémie et recherche académique

Dès qu'il a été évident que l'épidémie de Covid-19 serait un événement majeur, de très nombreux projets de recherche se sont mis en place, encouragés par un appel dédié de l'ANR. Au 11 mai 2020, une recension fait état de pratiquement une centaine de projets rien qu'en sciences humaines et sociales. Parallèlement, j'ai vu passer un grand nombre de questionnaires en ligne examinant de multiples aspects de nos réactions à la situation. À mes yeux, l'épidémie a ainsi joué le rôle d'une loupe sur le fonctionnement actuel de la recherche en France, tant sur ses forces que sur certains de ses travers.

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mardi, février 4 2020

Un triste avenir pour les classes moyennes

À l'occasion d'une discussion sur Twitter, je me suis pris à réfléchir aux trajectoires possibles des niveaux de vie dans un contexte de transition écologique. Je partage ici quelques idées, qu'il ne faudra pas considérer avec plus de sérieux que des considérations écrites au fil du clavier. Je vais sans doute enfoncer quelques portes ouvertes, au passage.

En quelques mots : il me semble que les conséquences de la transition écologique vont peser sur le niveau de vie des classes moyennes, et particulièrement des classes moyennes inférieures dont on a vu lors de la récente crise des Gilets jaunes combien elles se sentent déjà fragilisées.

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mardi, octobre 1 2019

Portrait d'un écart salarial

À la lecture hier d'un portrait dans Le Monde, je suis resté perplexe sur le traitement qui y est fait des écarts de salaires liés à l'orientation.

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mardi, septembre 10 2019

De l'inconvénient cognitif des pédagogies actives

J'ai vu passer aujourd'hui sur Twitter un article montrant un résultat apparemment contradictoire : dans une expérience randomisée, les étudiants apprennent mieux avec des pédagogies actives (où ils construisent eux-mêmes une partie du contenu), mais estiment apprendre moins que dans des cours magistraux.

On savait déjà que les évaluation des enseignants et des enseignements par les étudiants ne sont pas d'une grande utilité pour évaluer la qualité des cours (en particulier, elles ont une corrélation nulle, voire négative, avec les performances mesurées des étudiants). Cet article en donne une illustration remarquable sur le front des méthodes pédagogiques.

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jeudi, octobre 25 2018

Une dictature du bien-être ?

Je suis en train de lire l'ouvrage à charge Happycratie contre, pêle-mêle, la psychologie positive, l'économie du bien-être et le secteur économique du développement personnel (Mindfulness, coachs de vie, etc.). Je ne vais pas faire ici une critique en règle de l'ouvrage (spoiler : la lourdeur du parti-pris idéologique annule ce qu'une analyse proprement sociologique de ce mouvement a d'intéressant), mais l'utiliser comme prétexte pour raconter ce que j'en ai vu lors de mes années dans le secteur privé - témoignage hautement subjectif donc, sans aucune prétention à une quelconque représentativité.

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vendredi, août 24 2018

Quelles incitations pour la réplication ?

Je suis en train de suivre le MOOC Transparent and Open Social Science Reearch de la Berkeley Initiative for Transparency in the Social Sciences. La question de la réplication des études scientifiques est au cœur des enjeux de ce MOOC. Celui-ci présente quelques suggestions sur comment faire évoluer le système de publication scientifique vers une meilleure valorisation de la réplication. Cela me renvoi à mon expérience avec les modèles bancaires : comment, dans un environnement où les incitations privées sont élevées, est traitée cette question ?

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jeudi, juin 14 2018

Des gains de productivité

Ce billet a commencé comme un commentaire de celui de Stéphane Ménia. Voyant les proportions que prenait ce commentaire, j'ai décidé d'en faire un billet, comme à la grande époque des blogs économiques. Si vous n'avez pas déjà lu le billet de Stéphane, commencez par le faire.

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mercredi, mars 21 2018

Nouveau changement de cap

Annonce bien tardive, puisque je suis depuis juillet 2017 Directeur exécutif de l'Observatoire du Bien-être. Si je parle plus formellement de mon nouveau poste sur mon autre blog, je reviens ici sur l'enchaînement de choses qui a conduit à ce tournant ma foi assez inattendu.

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mercredi, avril 22 2015

Apprentissage papier et apprentissage digital

j'ai vu passer au cours des derniers mois plusieurs études prétendant établir que le papier et l'écriture manuscrite favorisent plus l'apprentissage que les supports numériques. Je n'ai pas d'avis sur le sujet mais il me semble que les fondements méthodologiques de ces études sont très discutables.

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mardi, mars 31 2015

Note de lecture: Petite Poucette, par Michel Serres

Je viens de lire, avec beaucoup de retard, Petite Poucette de Michel Serrres.

Il est difficile de ne pas sympathiser avec le regard affectueux, admiratif et encourageant que le vieil homme jette sur une jeune génération, regard qui contraste si agréablement avecl'aigreur d'autres hommes de son âge (Alain Finkelkraut en est un exemple). Ce d'autant plus que je rejoins à titre personnel beaucoup des idées exprimées dans ce livre sur les transformations individuelles et sociales amenées par la diffusion des technologies de communication en réseau. Comme l'a relevé le collègue qui m'a prêté ce livre (merci Thomas), si l'ouvrage est concis et se lit rapidement, il n'en est pas moins dense en idées, que Serres esquisse plus qu'il ne décrit, sans doute pour que les étapes ne puissent pas faire perdre de vue l’ensemble du parcours.

Pour autant, je ne suis pas complètement convaincu par ce livre. Michel Serres me semble en effet souvent verser dans la généralisation abusive, généralisant à toute une génération la Petite Poucette qu'il observe dans le cercle privilégié d'établissements d'enseignement sélectifs et de quartiers privilégiés. Si une nouvelle relation à la connaissance explique effectivement le chahut de classes des beaux quartiers, Michel Serres ne semble pas avoir mesuré l'ampleur que peut prendre la contestation systématique appuyée non pas sur une information universelle et distribuée, mais sur une restriction de l'information à une poignée de sources partisanes. Même dans un monde idéal où l'information serait librement accessible, l'attention reste une ressource rare, et le choix des sources d'information pertinentes n'est ni inné, ni aisé.

Il y a de plus loin du monde de la communication fluide et instantanée décrit par Serres à l'ensemble de bulles très inégalement poreuses qui constituent les internets actuels. Sur ce point, les constats énoncés par Frédéric Martel dans Smart (note de lecture) écrasent la version idéale de Serres comme le parpaing de la réalité écrase la tartelette aux fraises de nos illusions[1].

Je suis peut-être trop sombre dans ma vision de ce livre. L'effort fait par Serres de comprendre les générations nées à partir des années 1980 mérite qu'on s'y arrête, d'autant plus que ce livre se veut un antidote aux clichés du vau-l'eau et des neiges d'antan. Il s'agit indéniablement d'un livre riche et très agréable à lire. Mais sa musique optimiste ne doit pas faire oublier que l'éducation aux outils du numérique, dont la Petite Poucette de Serres serait un produit presque idéal, ne va pas de soi.

P.S : ce post a été écrit sur tablette dans le train, donc je vois prie d'excuser les nombreuses coquilles.

Note

[1] © @Bouletcorp

samedi, octobre 25 2014

L'éducation nationale et les chercheurs

Il y a deux jour, Une heure de peine a attiré mon attention sur une pétition, relayée par Libération, Intitulée "L’Éducation nationale méprise-t-elle ses chercheurs ?". Cette pétition se fait l'écho de la détresse des doctorants et jeunes docteurs arrivant dans le secondaire et faisant face à une absence de reconnaissance de leur travail de recherche. Si elle repose sur un mal-être indéniable, cette pétition ne pose à mon sens pas les bonnes questions.

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mercredi, août 20 2014

Note de lecture : Smart

Cette note de lecture étant déjà bien en retard, j'irai à l'essentiel : Smart est l'ouvrage le plus intelligent que j'ai lu au sujet d'Internet à ce jour. Là où missionnaires comme contempteurs du digital regardent Internet au travers des écrans à portée de leurs yeux, Frédéric Martel est allé voir sur le terrain par qui sont faits et utilisés les outils de l'Internet actuel. Il en revient avec une thèse au rebours du village global ou du monde plat. Smart démontre qu'il n'existe pas un Internet mondial, abolissant les barrières culturelles, mais des Internets, dont les frontières recoupent bien souvent des frontières bien physiques.

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mercredi, mai 7 2014

Les secrets des gens efficaces

Depuis que j'ai changé de voie, je jette de temps en temps un regard sur LinkedIn. Je suis toujours frappé par l'omniprésence des articles du type "Les 7 habitudes des innovateurs" et autres articles à contenu similaire, générale interchangeable et tenant parfois de l'enfonçage de portes ouvertes.

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jeudi, mars 20 2014

Note de lecture : The Second Machine Age

À l'invitation d'un agent, Andrew McAfee et Erik Brynjolfsson ont repris leur volume auto-publié Race Against the Machine (notes de lecture partie 1 et partie 2) pour en faire un ouvrage plus conventionnel, intitulé The Second Machine Age - Work, Progress, and Prosperity in a Time of Brilliant Technologies.

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La spécialisation, avenir des librairies ?

Le blog "Babbage" de The Economist se fait l'écho du succès d'une librairie spécialisée outre-Atlantique. Je ne peux m'empêcher de relever l'écart immense entre ce qui fait le succès de cette librairie et l'image que celles-ci continuent de vouloir projeter en France.

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