Le dossier montre en effet comment la situation des éditeurs se dégrade sur tous des fronts : dans leurs relations avec les lecteurs, dans leurs relations avec les auteurs et dans leur manière d'envisager l'avenir du bien qu'ils proposent. Au regard de ces questions qui touchent au cœur même de la fonction d'éditeur, ma propre contribution visant à expliquer pourquoi le prix unique du livre numérique me paraît une mauvaise idée serait presque anecdotique si les éditeurs ne consacraient pas manifestement des moyens conséquents à obtenir cette mesure qui pourrait facilement se retourner contre eux.
Je suis assez heureux que Rémi m'ait proposé cet essai : il m'a permis de me rendre compte que je ne suis pas seul dans mon coin à regretter la posture des éditeurs français et à soupirer de les voir aller, à ce qui me semble, dans le mur en répétant, en pire, les erreurs commises il y a quelques années par l'édition musicale.
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1 De Moggio -
Encore merci pour ces liens intéressants.
J'aurais juste une question concernant votre contribution (même si, après avoir lu votre opuscule avec Jérôme Pouyet, j'ai probablement une idée de la réponse). Vous y expliquez que le "prix unique" du "livre physique" "n'a pas au final d'effet inflationniste net." Que faut-il comprendre ici ? Votre affirmation découle-t-elle d'une analyse "toutes choses égales par ailleurs", c'est-à-dire avez-vous examiné économétriquement l'évolution des prix des livres (en France) sur longue période (1970-2009, par exemple) avec, parmi d'autres déterminants possibles de cette évolution, la mise en place de la loi dite Lang de 1981 ? Ou bien votre affirmation découle-t-elle plutôt de l'observation que la corrélation est faible entre la loi Lang de 1981 et l'évolution ultérieure des prix (ou bien entre ces derniers et un indice général des prix à la consommation), ce qui n'est pas la même chose ?
2 De Mathieu P. -
La remarque sur l'effet inflationniste ou non du prix unique provient d'une comparaison de l'évolution de l'indice du prix des livres dans les pays avec et sans prix unique. Cette évolution n'est pas, au niveau agrégé, très différente d'un groupe à l'autre. L'évolution générale du prix des livres semble ainsi expliquer l'essentiel de l'augmentation du prix des livres (relativement à l'indice général des prix) après la mise en place du prix unique.
Assez largement, les livres ont suivi depuis les années 1980 l'augmentation du prix des biens et services culturels, plus forte que l'augmentation du niveau général des prix. Cette dynamique se retrouve ainsi dans de nombreux biens proches (à l'exception notable de la musique enregistrée), ce qui suggère que les déterminants du prix ne sont pas propres au livre ou au mode de fixation de son prix.