Depuis les débats sur l'impact du piratage de musique, les ingrédients de cette mauvaise économétrie du piratage sont connus : supposer que toute copie piratée est une vente perdue (ce qui dans le cas des systèmes d'exploitation est on ne peut plus héroïque : je suis prêt à parier qu'une part significative des gens piratant une version récente de Windows détiennent une licence légitime pour une version plus ancienne), supposer que le profil des personnes et entreprises utilisant des copies pirates est le même que celui des personnes et entreprises utilisant des copies légitimes, projections fantaisistes sur la valeur créée, absence de prise en compte de l'effet de substitution (ne pas payer ses licences permet d'acheter autre chose). Heureusement, ces travers sont mis en évidence dans l'article du Monde.
Une chose me surprend toutefois : alors que les solutions gratuites ou open-source sont de plus en plus à niveau, comment se fait-il que tant de gens se fatiguent (apparemment) à pirater des logiciels commerciaux ?
1 De Moggio -
Juste une petite remarque. Sauf erreur, l'article (remarquable) de John Kay porte moins sur "le mauvais usage des études d'impact des dépenses culturelles" que sur la non-pertinence, pour motiver une demande de ou plus de soutien par les pouvoirs publics, des résultats d'études sectorielles dites de "poids", de "taille", d'"importance" ou de "contribution économique" par des personnes qui n'ont pas compris l'analyse économique standard. La plupart du temps, ces études, régulièrement utilisées (incorrectement) par les groupes de pression, ne reposent explicitement sur aucun lien de cause à effet(s) (impact) et ne mettent en avant aucune défaillance de marché.